Sénégal : grève générale le 10 juillet contre les réformes du travail

Mis à jour le 9 juillet 2026

Le FSDT décrète une grève générale le 10 juillet contre les réformes sociales co-initiées par Sonko, malgré une médiation de dernière minute.

Illustration d'un bâtiment institutionnel moderne sénégalais aux couleurs vert et or, avec passants et car rapide

Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) maintient son appel à une grève générale de 24 heures sur l’ensemble du territoire national, prévue pour le vendredi 10 juillet 2026.[2] Ce jeudi 9 juillet, le gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô tente une ultime médiation : le ministre du Travail Mamadou Lamine Dianté a convoqué les responsables du FSDT dans l’espoir de faire reporter le mouvement.[4]

Des textes portés sous l’ère Sonko

Les deux projets visés — le Code du travail (n°15/2026) et le Code de la sécurité sociale (n°16/2026) — ont été soumis à l’Assemblée nationale après leur adoption en Conseil des ministres sous le gouvernement de l’alors Premier ministre Ousmane Sonko.[3] C’est ensuite Sonko lui-même, en sa nouvelle qualité de président de l’Assemblée nationale depuis fin mai 2026, qui a convoqué les députés en séance plénière le 22 juin pour examiner ces textes.[6] Sous pression syndicale, les deux projets ont finalement été renvoyés en commission pour une seconde lecture.[1]

Les syndicats dénoncent un passage en force

Le FSDT reproche au gouvernement d’avoir transmis les projets à l’Assemblée sans communiquer les versions définitives aux partenaires sociaux, dénonçant une « démarche unilatérale ».[3] Parmi les principales revendications figurent la réintégration de 911 travailleurs licenciés dans les secteurs public et parapublic, l’extension de l’indemnité de logement aux agents de santé contractuels, et l’ouverture d’un dialogue tripartite sincère avant toute adoption définitive.[2]

Une médiation de la dernière chance

Lors d’un précédent échange avec le ministère du Travail, le FSDT n’avait pas obtenu de réponses jugées suffisamment concrètes pour suspendre son mouvement : son président Mody Guiro avait indiqué qu’aucun accord formel n’avait été signé.[5] La réunion du 9 juillet constitue la dernière chance d’éviter une paralysie nationale, dans un contexte où plusieurs syndicats sectoriels ont rejoint le mot d’ordre du FSDT.[4]

Ousmane Sonko se retrouve ainsi à la tête de l’institution appelée à trancher définitivement sur des réformes sociales qu’il a contribué à initier. Pour le contexte institutionnel, voir la chronologie et les actualités PASTEF.

Questions fréquentes

Pourquoi les syndicats s'opposent-ils aux nouveaux codes du travail ?
Le FSDT reproche au gouvernement d'avoir transmis les projets à l'Assemblée nationale sans soumettre les versions finales aux partenaires sociaux et sans véritable concertation tripartite préalable.

Sources

  1. Assemblée nationale : renvoi en commission des projets de loi sur le Code du travail et la Sécurité socialeAgence de presse sénégalaise (APS) (2026-06-22)
  2. Le Front syndical pour la défense du travail décrète une grève générale de 24 heures le 10 juilletSeneweb (2026-07-07)
  3. Sénégal : le FSDT appelle à la grève contre les réformes socialesAPAnews – Agence de Presse Africaine (2026-07-07)
  4. Grève générale : Le Gouvernement tente une ultime médiation avec le Front syndicalSenego (2026-07-09)
  5. Grève générale du 10 juillet : le FSDT maintient son mot d'ordre après une rencontre avec le gouvernementSenegal24news (2026-07-08)
  6. Assemblée nationale : Sonko convoque les députés pour examiner le Code du travailNdarinfo (2026-06-18)