Les affaires judiciaires d'Ousmane Sonko : chronologie
Mis à jour le 19 mai 2026
Décryptage factuel et sourcé des affaires judiciaires d'Ousmane Sonko : affaire Sweet Beauty / Adji Sarr, affaire Mame Mbaye Niang, condamnations et conséquences.
Note méthodologique. Cette page rapporte des décisions de justice et des faits documentés, sans présumer de la culpabilité ou de l’innocence au-delà de ce que les tribunaux ont jugé. Chaque élément est attribué à une source. Les affaires citées ont été lourdement politisées : les qualifications juridiques sont reprises telles que prononcées par les juridictions sénégalaises.
Deux affaires distinctes ont marqué le parcours judiciaire d’Ousmane Sonko entre 2021 et 2024. Il est essentiel de ne pas les confondre : ce n’est pas l’affaire la plus médiatisée qui l’a rendu inéligible.
Affaire Sweet Beauty / Adji Sarr
Accusation : viol et menaces de mort (2021)
Verdict du 1er juin 2023 :
ACQUITTÉ — viol et menaces de mort
CONDAMNÉ — « corruption de la jeunesse » : 2 ans
N'a PAS causé l'inéligibilité
Affaire Mame Mbaye Niang
Accusation : diffamation (propos sur le PRODAC)
Condamnation :
6 mois avec sursis + 200 M FCFA
Confirmée par la Cour suprême (janv. 2024)
A CAUSÉ l'inéligibilité à la présidentielle 2024
1. Affaire Sweet Beauty / Adji Sarr
En février 2021, Adji Sarr, employée d’un salon de massage (« Sweet Beauty »), accuse Ousmane Sonko de viols et de menaces de mort. Sonko dénonce un complot politique. Son arrestation, le 3 mars 2021, déclenche des manifestations meurtrières (environ 14 morts).[2]
Le 1er juin 2023, le tribunal acquitte Ousmane Sonko des accusations de viol et de menaces de mort, mais le déclare coupable de « corruption de la jeunesse » et le condamne à deux ans de prison, assortis d’une amende et de dommages-intérêts.[1] Le verdict provoque de nouvelles manifestations meurtrières.[2] Détail : Affaire Sweet Beauty / Adji Sarr.
2. Affaire Mame Mbaye Niang (diffamation)
Sonko avait affirmé qu’un rapport de l’IGF mettait en cause le ministre Mame Mbaye Niang dans la gestion du programme PRODAC. Niang porte plainte pour diffamation. Sonko est condamné à six mois de prison avec sursis et à de lourds dommages-intérêts. La Cour suprême confirme la condamnation (janvier 2024) et rejette un recours en révision le 1er juillet 2025.[3]
C’est cette condamnation pour diffamation — et non l’affaire Sweet Beauty — qui a rendu Ousmane Sonko inéligible et l’a écarté de la présidentielle de 2024. Détail : Affaire Mame Mbaye Niang.
3. Arrestation de juillet 2023 et dissolution du PASTEF
Le 28 juillet 2023, Sonko est de nouveau arrêté, sous des chefs incluant « appel à l’insurrection ». Il observe une grève de la faim et est hospitalisé début août 2023.[2] Le 31 juillet 2023, le PASTEF est dissous.
4. Amnistie et libération (2024)
Une loi d’amnistie adoptée le 6 mars 2024 — couvrant les faits liés aux manifestations « politiques » de février 2021 à février 2024, et critiquée pour avoir aussi couvert les forces de sécurité[4] — permet la libération des prisonniers politiques. Sonko et Bassirou Diomaye Faye sont libérés mi-mars 2024.
Conséquences
Le bilan humain des troubles de 2021-2024 est lourd : selon Amnesty International, au moins 65 morts et plus d’un millier de blessés.[4] La promesse d’abroger la loi d’amnistie pour rendre justice aux victimes n’a, à ce jour, pas abouti. Suite dans la chronologie et l’actualité.
Questions fréquentes
- Ousmane Sonko a-t-il été condamné pour viol ?
- Non. Le 1er juin 2023, le tribunal a acquitté Ousmane Sonko des accusations de viol et de menaces de mort dans l'affaire Adji Sarr / Sweet Beauty. Il a en revanche été reconnu coupable de « corruption de la jeunesse » et condamné à deux ans de prison.
- Pourquoi Sonko n'a-t-il pas pu se présenter en 2024 ?
- En raison de sa condamnation pour diffamation dans l'affaire Mame Mbaye Niang (peine de six mois avec sursis et dommages-intérêts), confirmée par la Cour suprême, qui le rendait inéligible. Le Conseil constitutionnel l'a écarté de la liste des candidats.
Sources
- Senegalese opposition leader jailed for 2 years for corrupting youth — Anadolu Agency
- Senegal: from constitutional crisis to democratic restoration — Carnegie Endowment
- Senegal: Ousmane Sonko's defamation conviction upheld by Supreme Court — Africanews
- Senegal authorities must deliver justice to victims of protests since 2021 — Amnesty International