Sonko et Diomaye Faye : qui dirige vraiment le Sénégal ?

Mis à jour le 19 mai 2026

De « Diomaye moy Sonko » à la rupture de 2026 : histoire et état actuel de la relation entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.

C’est la question politique centrale au Sénégal : entre Bassirou Diomaye Faye, président élu, et Ousmane Sonko, chef du parti majoritaire et Premier ministre, où se situe réellement le pouvoir ?

2024 : « Diomaye moy Sonko »

Condamné pour diffamation, Ousmane Sonko est déclaré inéligible pour la présidentielle de 2024. Le 28 janvier 2024, il désigne Bassirou Diomaye Faye, secrétaire général du PASTEF alors emprisonné, comme candidat de substitution. Le slogan « Diomaye moy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko ») devient le cœur de la campagne. Les deux hommes sont libérés mi-mars 2024 ; Faye remporte la présidentielle dès le premier tour avec 54,28 %.[1]

Présidentielle 2024 (1er tour, 24 mars 2024) Bassirou Diomaye Faye 54,28 % Amadou Ba 35,79 % Autres candidats 9,93 % Source : élection présidentielle sénégalaise de 2024

Le 2 avril 2024, Faye est investi président ; le lendemain, il nomme Sonko Premier ministre.[1] Le « projet » est présenté comme commun : un gouvernement de rupture.

2025-2026 : la rupture

Les tensions apparaissent en 2025 autour du leadership de la coalition, de la stratégie face au FMI et du sentiment, chez Sonko, de ne pas avoir été assez défendu sur le plan judiciaire.[3] En mars 2026, Sonko menace publiquement de ramener le PASTEF dans l’opposition si le président s’écarte de la ligne du parti, et lance une structure concurrente (APTE).[3]

Début mai 2026, le président Faye hausse le ton : il avertit que le PASTEF « risque l’implosion », critique une « personnalisation excessive » et rappelle qu’il a « le droit de nommer et de révoquer » son Premier ministre.[2] Peu après, une réforme du code électoral lève l’obstacle qui empêchait Sonko de se présenter, ouvrant la voie à une candidature en 2029.

Qui dirige, alors ?

Constitutionnellement, le président détient le pouvoir : il nomme et peut révoquer le Premier ministre. Politiquement, Sonko contrôle le PASTEF, qui détient 130 des 165 sièges de l’Assemblée. Le rapport de force réel se joue sur le contrôle du parti — d’où l’importance du congrès du PASTEF prévu en juin 2026, où Sonko doit consolider sa mainmise.

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Questions fréquentes

Que signifie « Diomaye moy Sonko » ?
« Diomaye moy Sonko » (ou « Diomaye mooy Sonko ») signifie en wolof « Diomaye, c'est Sonko ». C'était le slogan de la présidentielle de mars 2024 : Sonko, inéligible, avait fait campagne pour Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution.
Sonko et Diomaye Faye sont-ils en conflit ?
Oui. Une rivalité publique s'est installée en 2025-2026 autour du leadership de la coalition et de la stratégie économique. En mai 2026, le président Faye a averti que le PASTEF « risquait l'implosion » et a rappelé qu'il avait « le droit de nommer et de révoquer » son Premier ministre.

Sources

  1. Senegal president names opposition leader Ousmane Sonko as PMFrance 24
  2. In jab at PM, Senegal president says Pastef party bigger than any one manAfricanews
  3. Senegal PM Sonko threatens exit from government amid rift with President FayeAfricanews