Sonko depuis l'Assemblée : « accompagner le gouvernement »

Mis à jour le 30 mai 2026

Trois jours après son discours critique au perchoir, Sonko promet que l'Assemblée « accompagnera le gouvernement dans l'intérêt du Sénégal ».

À l’occasion de la passation de service à la primature du vendredi 29 mai 2026, le nouveau président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko a délivré un message inattendu de coopération institutionnelle : « l’Assemblée nationale accompagnera le gouvernement dans l’intérêt du Sénégal ».[1] Il s’est dit prêt à jouer « pleinement » son rôle d’institution parlementaire aux côtés du nouvel exécutif dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô.[2]

Un changement de ton très net

Cette posture conciliante tranche avec le discours d’investiture prononcé trois jours plus tôt, le mardi 26 mai, lors de son élection au perchoir. Sonko y avait alors critiqué « l’hyper-présidentialisme » du régime et dénoncé l’absence de consultation du PASTEF sur la désignation du nouveau Premier ministre.[3] Il avait également posé une ligne claire : l’Assemblée nationale ne sera pas « une chambre d’enregistrement ».[5] Plusieurs médias avaient décrit, depuis le perchoir, une série de conditions adressées au président Bassirou Diomaye Faye.[6]

Le 26 mai, Sonko avait tout de même cherché à rassurer les institutions en affirmant : « Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser un chaos institutionnel. »[4] Le ton du 29 mai prolonge cette ligne plus institutionnelle.

Comment lire ce repositionnement ?

Trois lectures coexistent dans la presse :

  • Apaisement tactique. Sonko, désormais hors de l’exécutif mais à la tête d’une Assemblée dominée par le PASTEF, sait que son rôle institutionnel le contraint à un certain formalisme — notamment lors d’une cérémonie aussi symbolique qu’une passation de service.
  • Cohabitation négociée. En affichant la volonté d’« accompagner » le gouvernement Lô, Sonko ouvre la voie à un fonctionnement régulier des institutions et évite un blocage législatif immédiat.
  • Conditions intactes. Les exigences politiques formulées le 26 mai — consultation du parti, fin de l’« hyper-présidentialisme » — ne disparaissent pas : elles changent de canal et passeront désormais par l’examen des textes et le contrôle de l’action gouvernementale.[6]

Et maintenant ?

La prochaine étape reste le congrès du PASTEF du 6 juin 2026, où Sonko devrait consolider sa mainmise sur le parti. La nature réelle de la cohabitation Sonko–Faye se mesurera ensuite, dossier par dossier, au sein de l’Assemblée — à commencer par les arbitrages budgétaires et les discussions avec le FMI sur la dette publique.

Suite dans l’actualité et la chronologie complète.

Questions fréquentes

Qu'a déclaré Sonko à la passation du 29 mai ?
Ousmane Sonko a affirmé que « l'Assemblée nationale accompagnera le gouvernement dans l'intérêt du Sénégal », adoptant un ton nettement plus institutionnel qu'à son discours d'investiture trois jours plus tôt.
Quel était le ton de son discours du 26 mai au perchoir ?
Sonko avait critiqué « l'hyper-présidentialisme », rappelé que l'Assemblée ne serait pas « une chambre d'enregistrement » et dénoncé l'absence de consultation du PASTEF sur la désignation du nouveau Premier ministre.

Sources

  1. Ousmane Sonko : « L'Assemblée nationale accompagnera le gouvernement dans l'intérêt du Sénégal »Senego
  2. Assemblée nationale : Sonko promet un accompagnement du gouvernement dans l'intérêt du SénégalSenego
  3. Sonko devient président de l'Assemblée et critique « l'hyper-présidentialisme »TV5 Monde
  4. Sonko : « Je n'utiliserai pas cette responsabilité pour organiser un chaos institutionnel »Senego
  5. Ousmane Sonko : pas de Parlement « chambre d'enregistrement »Deutsche Welle
  6. Du perchoir, Sonko pose ses conditions à DiomayeSenePlus