Révision : gouvernement et société civile réclament le dialogue

Mis à jour le 26 juin 2026

Après le rejet de ses amendements le 24 juin, le gouvernement appelle à une concertation nationale avant la plénière constitutionnelle du 29 juin.

Illustration d'un bâtiment institutionnel moderne sénégalais aux couleurs vert et or, avec passants et car rapide

Au lendemain de la Commission des lois du 24 juin qui a adopté le texte PASTEF en rejetant les amendements du gouvernement, l’exécutif a publiquement réitéré sa demande d’une large concertation nationale avant le scrutin constitutionnel fixé au lundi 29 juin 2026.[1]

La position du gouvernement

Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a appelé à l’ouverture d’un cadre de dialogue réunissant toutes les parties prenantes avant toute réforme constitutionnelle majeure.[4] Il a avancé un argument historique : aucune révision constitutionnelle majeure n’aurait été entreprise au Sénégal depuis 1992 sans concertations préalables ou cadre de dialogue rassemblant les principaux acteurs concernés.[1] L’exécutif a estimé que cette méthode a largement contribué à la stabilité des institutions et à l’acceptabilité des réformes successives, et a invité les élus à bâtir des solutions partagées sur des enjeux déterminants pour l’avenir institutionnel du pays.[1]

La société civile demande le report

Le 25 juin 2026, Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a adressé un appel public à Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, l’invitant à surseoir à la séance plénière du 29 juin afin de créer un « espace de respiration stratégique ».[2] Selon lui, l’ampleur des modifications envisagées dans la loi fondamentale nécessite un dialogue inclusif et approfondi, seul garant de la légitimité et de la solidité des réformes projetées.[3]

La majorité parlementaire maintient son calendrier

PASTEF dispose de 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, ce qui lui confère une majorité confortable pour adopter le texte en plénière sans le soutien du gouvernement ni de l’opposition.[1] La proposition de loi n° 17/2026 prévoit notamment la création d’une Cour constitutionnelle, l’institution d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’incompatibilité entre les fonctions de chef de l’État et la direction d’un parti politique.[4]

Suite dans l’actualité et la chronologie.

Questions fréquentes

Le gouvernement peut-il bloquer la plénière du 29 juin ?
Non. Une révision initiée par des députés peut être adoptée par l'Assemblée sans le consentement du gouvernement. PASTEF dispose de 130 sièges sur 165, une majorité suffisante pour voter le texte seul.

Sources

  1. Sénégal: Réforme constitutionnelle - Le gouvernement prône le consensus et le dialogueAllAfrica / Agence de presse sénégalaise (APS) (2026-06-26)
  2. Babacar Ba demande le report de la séance du 29 juin pour une concertation sur la ConstitutionSenego
  3. Révision constitutionnelle : Babacar Bâ demande le report de la plénière du 29 juinDakaractu
  4. Révision constitutionnelle : Me Moussa Sarr plaide pour une concertation nationaleLe Soleil