Sénégal : l'Assemblée adopte la révision, Faye convoque un référendum
Mis à jour le 30 juin 2026
L'Assemblée nationale a adopté la loi n°17/2026 par 129 voix le 29 juin, malgré le boycott de l'opposition ; le président Faye annonce un référendum.
Le 29 juin 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté en séance plénière la proposition de loi n° 17/2026 portant révision de la Constitution, avec 129 voix favorables sur 165 sièges.[1] Les députés du groupe PASTEF ont rejeté les quatre amendements transmis au cours du débat par le président de la République Bassirou Diomaye Faye, dont ceux portant sur les articles 38 et 42 du texte, notamment la clause d’incompatibilité entre la présidence de la République et la direction d’un parti politique.[1]
Tensions à l’hémicycle et boycott de l’opposition
La séance s’est déroulée dans un climat de forte tension.[3] Le député Abdou Mbow, président du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a refusé de quitter la tribune lors des débats, provoquant une mêlée et conduisant les forces de l’ordre à l’évacuer physiquement de l’hémicycle.[4] En solidarité, l’ensemble du groupe Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non inscrits ont quitté la salle et boycotté le vote.[4] Des incidents ont également été signalés à l’extérieur du bâtiment, où la police a dispersé des manifestants.[3]
Le président Faye choisit la voie du référendum
Après l’adoption du texte, le garde des Sceaux et ministre de la Justice Moussa Sarr a annoncé devant l’Assemblée que le président de la République avait décidé de soumettre la révision constitutionnelle à un référendum, en application de l’article 103 de la Constitution.[2] Conformément à cet article, lorsqu’une révision est adoptée à l’initiative de députés, le texte leur est renvoyé pour approbation populaire ; le président peut alternativement le soumettre à l’Assemblée nationale pour adoption à la majorité des trois cinquièmes.[2] Aucune date du scrutin référendaire n’a été annoncée.[2]
Les principales dispositions adoptées
La loi n° 17/2026 réécrit le préambule de la Constitution et modifie une trentaine d’articles.[3] Elle prévoit la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle (neuf membres au lieu de sept), la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’incompatibilité entre l’exercice de la présidence de la République et la direction d’un parti politique.[1]
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Questions fréquentes
- Que prévoit l'article 103 de la Constitution sénégalaise ?
- L'article 103 dispose que lorsqu'une révision constitutionnelle est adoptée par l'Assemblée nationale à l'initiative de députés, le texte est soumis au peuple par référendum avant d'entrer en vigueur, sauf si le président choisit de le soumettre à une majorité des trois cinquièmes de l'Assemblée.
Sources
- Loi fondamentale : Les députés de Pastef imposent leur version avec 129 voix et rejettent les amendements du président Faye — Seneweb (2026-06-29)
- Révision constitutionnelle : le président de la République opte pour un référendum (ministre) — Agence de presse sénégalaise (APS) (2026-06-29)
- Senegal MPs back sweeping constitutional reform — Africanews (2026-06-29)
- Assemblée nationale : la séance vire à l'affrontement, Abdou Mbow évacué par les forces de l'ordre — Senego (2026-06-29)