Sonko à l'Assemblée : l'opposition saisit le Conseil constitutionnel

Mis à jour le 2 juin 2026

Le 1er juin 2026, des députés de l'opposition ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester la réintégration d'Ousmane Sonko comme député.

Un nouveau front juridique s’ouvre autour d’Ousmane Sonko. Le lundi 1er juin 2026, des députés de l’opposition ont officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour contester la réintégration d’Ousmane Sonko comme député et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale.[1]

L’argument juridique

Les requérants demandent que soit déclarée contraire à la Constitution la réintégration de Sonko à l’Assemblée.[2] Leur raisonnement repose sur la règle d’incompatibilité : la qualité de membre du gouvernement est incompatible avec l’exercice d’un mandat parlementaire.[1] Selon cette lecture, en devenant Premier ministre en avril 2024, Sonko avait cessé d’occuper son siège de député ; son retour dans l’hémicycle — préalable indispensable à son élection au perchoir le 26 mai — serait donc juridiquement irrégulier.[1]

La démarche, initiée par des députés non-inscrits, a été élargie en un soutien coordonné de l’ensemble des forces de l’opposition, transformant le dossier en bras de fer politique.[2]

Une procédure, pas (encore) une décision

Note. À ce stade, il s’agit d’un recours déposé. Le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé, et la présente page rapporte un contentieux en cours, sans en préjuger l’issue. Ousmane Sonko continue d’exercer la présidence de l’Assemblée nationale.

Le camp présidentiel et le PASTEF — qui dispose de la majorité à l’Assemblée — contestent la recevabilité de la démarche.[3] L’opposition, minoritaire, mise au contraire sur l’arbitrage des « Sages ».[4]

Pourquoi c’est important

Ce recours s’inscrit dans la recomposition institutionnelle ouverte par le limogeage du 22 mai : après avoir quitté l’exécutif, Sonko a reconstitué une position de pouvoir à l’Assemblée. La décision du Conseil constitutionnel pourrait soit consolider, soit fragiliser ce repositionnement — un enjeu d’autant plus sensible à l’approche du congrès du PASTEF du 6 juin 2026 et du cycle présidentiel de 2029.

Sur les règles constitutionnelles en jeu, voir aussi notre explicatif : quand le président de l’Assemblée peut-il devenir chef de l’État ? Suite dans l’actualité et la chronologie.

Questions fréquentes

Que conteste l'opposition ?
Des députés de l'opposition demandent au Conseil constitutionnel de déclarer contraire à la Constitution la réintégration d'Ousmane Sonko comme député — préalable à son élection à la présidence de l'Assemblée — en invoquant l'incompatibilité entre un mandat parlementaire et la qualité de membre du gouvernement qu'il occupait comme Premier ministre.
Le Conseil constitutionnel a-t-il tranché ?
Non. À ce stade il s'agit d'un recours déposé ; aucune décision n'a été rendue. Sonko exerce la présidence de l'Assemblée nationale en attendant.

Sources

  1. Assemblée nationale : l'opposition saisit le Conseil constitutionnel sur le cas Ousmane SonkoDakaractu
  2. Réintégration d'Ousmane Sonko à l'Assemblée : les députés de l'opposition saisissent le Conseil constitutionnelPressAfrik
  3. Réintégration de Sonko : des députés de l'opposition saisissent le Conseil constitutionnelActusen
  4. L'opposition parlementaire saisit le Conseil constitutionnel contre la réintégration de SonkoSenePlus